Culture
Vienne 1900, l'apocalypse joyeuse
Arts 1897 – 1905

La Sécession viennoise

Au-dessus de l'entrée d'un bâtiment blanc surmonté d'un dôme de feuilles de laurier dorées, une devise : « À chaque époque son art, à l'art sa liberté ».

En 1897, des artistes viennois menés par Gustav Klimt quittent l'association officielle des artistes, jugée trop académique, et fondent la Sécession. Ils veulent ouvrir Vienne à l'art moderne européen et abolir la frontière entre beaux-arts et arts décoratifs. En 1898, l'architecte Joseph Maria Olbrich construit leur pavillon d'exposition, surnommé « le chou doré » pour son dôme. En 1902, une exposition consacrée à Beethoven y présente la célèbre « Frise Beethoven » de Klimt.

4 questions viendront en rappel
Une question ? Demande au professeur

Au même moment que se passe-t-il en art en France ?

Pendant que Vienne se sécessionne, Paris vit sa propre effervescence, la Belle Époque, avec des ruptures tout aussi fortes.

Côté peinture, les impressionnistes sont déjà des classiques : Monet peint ses *Nymphéas* à Giverny dès la fin des années 1890. Mais la jeune génération va plus loin. Cézanne, à Aix, prépare ce qui ouvrira la voie au cubisme. En 1905, au Salon d'automne, Matisse et Derain provoquent le scandale : un critique parle de « cage aux fauves », et le fauvisme est né. Picasso, arrivé à Paris en 1900, entre dans sa période bleue, puis rose, avant *Les Demoiselles d'Avignon* (1907).

Et surtout, il y a un écho direct avec la Sécession : l'Art nouveau. Guimard dessine les entrées de métro (1900), Gallé et Lalique travaillent le verre et le bijou. Même idée qu'à Vienne : abolir la frontière entre art et décor. L'Exposition universelle de 1900 en est la vitrine.

Une différence, pourtant : à Paris, les ruptures viennent surtout de la peinture ; à Vienne, c'est l'art total, de l'architecture à la musique.

Selon toi, pourquoi Loos, qui détestait l'ornement, aurait-il trouvé l'Art nouveau tout aussi coupable que la Sécession ?

Les fils qui partent d'ici

Tout le moment « Vienne 1900, l'apocalypse joyeuse » →